Rendez-moi ma virginité !

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Touchez pas à mes boîtes ! Je mords…

Laurent le 24 février 2014
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Pour moi, un jeu vidéo ce n’est pas seulement le contenu qui s’affiche sur mon écran. Un jeu vidéo c’est un tout ! C’est aussi le disque, le petit livret d’explication, le design de la cover, le film plastique qui l’entoure,… toutes ces petites choses qui accompagnent le programme de base, toutes font partie intégrante d’un soft. A bien y réfléchir, j’aime les boîtes de jeu, j’aime leur charme, leur disposition dans ma ludothèque et elles possèdent un fameux potentiel émotionnel. Petit à petit on est en train de me les enlever et ça ne me va pas.

Le flash back qui me torture

Etant enfant, c'est de là que provenaient la majeure partie de mes jeuxJ’ai 11 ans depuis peu. Je suis dans la voiture avec mes parents direction « Belle île en Liège » du côté d’Angleur, c’est le jour où on va faire les courses de la semaine au Carrefour. Mais cette fois, les courses vont me paraître horriblement longues à vivre. Vu que j’ai été très sage ces derniers temps et que j’ai eu un super beau bulletin à l’école, je sais déjà que nous ferons un petit détour par le VideoSquare où m’attend un vaste présentoir de jeux vidéos et que je vais pouvoir en choisir un. Je me contient durant toute la durée des achats, du soporifique passage à la caisse, me montre particulièrement agréable et coopératif, de peur que mes parents ne changent d’avis.

Que choisir ? Toutes ces boîtes sont si bellesAprès près d’une heure de nervosité, ça y est, c’est le moment c’est l’instant, je suis face à mes responsabilités. Je ne dois en choisir qu’un et un seul et ce choix sera particulièrement difficile. Il y a tant de boîtes différentes face à moi et plusieurs qui m’inspirent déjà rien que visuellement au premier coup d’œil. J’en manipule délicatement quelques unes, histoire d’en lire les caractéristiques du jeu qu’elles comportent, je regarde et interprète les deux ou trois minuscules screenshots à l’arrière. Même face à l’impatience de mes parents (eux ils avaient le droit de me stresser pendant MES courses), je prend mon temps afin d’examiner le moindre détails de chaque boîte. Quand ils me menacent de repartir sans rien si je ne me décide pas, là je m’exécute plus rapidement, passe vite à la caisse et en quelques secondes nous voilà déjà sur le chemin du retour. Je ne sais pas si j’ai fait le bon choix, mais suis excité comme une puce.

A l'époque, c'est ce genre de choses que j'ouvrais dans la voitureDurant la vingtaine de minutes de trajet qui nous sépare de la maison, sur la banquette arrière de la Toyota Corolla de papa, je m’adonne au rituel cérémonial habituel : l’ouverture sacrée de mon nouveau jeu. Avec tout le soin qui me caractérise, je déballe méthodiquement le film plastique qui emballe mon jeu flambant neuf. Attention de toujours l’ouvrir via la petite languette et pas comme un barbare à l’arrache, j’ai bien trop peur d’abîmer mon nouveau bien, c’est que je tiens quand même dans mes mains le symbole de mes longues heures de jeu à venir ! Le plastique ôté, chiffonné et coincé dans la poignée de la portière de la voiture, un autre moment intense arrive : celui de la première ouverture. Mon cœur bat aussi vite qu’on roule sur l’autoroute. Je découvre le disque, le contemple une poignée de secondes et m’empresse alors de saisir le guide du jeu fixé dans la partie gauche de la boîte. Mon premier réflexe est d’en sentir l’odeur. Ca sent trop bon ! En avant pour la lecture jusqu’à la descente du véhicule. Il me reste 15 minutes pour décrypter toutes les infos factuelles et en apprendre le plus possible sur le jeu avant de le lancer. Pendant ces instants magiques j’ai bon, je suis aux anges, je suis… heureux tout simplement !

Que le temps passe

Je suis de la Nintendo Genration. En voici une inifime partie de ma collection, de son évolutionCe bon souvenir est désormais bien loin, beaucoup trop loin. Les choses ont bien évolué depuis lors. Oui, maintenant c’est moi qui conduit la voiture familiale et c’est pas très prudent d’ouvrir un jeu pendant que je roule, mais pas seulement ça. C’est surtout que les belles grosses boîtes de cartouches NES qui contenaient de temps à autres des posters cadeaux, ou même les boîtiers CD spéciaux 4 disques PlayStation par exemple, ont laissé leur place à la commune boite à Blu-Ray qui sent le marketing à plein nez. Les beaux gros booklets de 50 pages d’antan ont été changés par une seule petite fiche volante style guide de démarrage rapide sur une face et une pub pour un DLC de l’autre. Franchement, c’est de plus en plus triste d’aller chercher son jeu au magasin. Mais bon, c’est toujours mieux que ce que nous impose le jeu dématérialisé… Une boîte, qu’elle soit visuellement réussie ou non, reste quand même liée à mon plaisir d’avoir acheté quelque chose, de posséder un nouvel objet. Il n’y a rien à faire, j’aime les posséder, les voir trôner paisiblement et bien classées dans ma bibliothèque, voir même les exposer face à mes invités en guise de preuve pour ma passion de cette culture si spéciale.

Les goodies etc font aussi partie d'un jeu !Ces boîtes qui, comme les goodies que je ramène de mes expéditions, mes coffrets collectors, mes affiches, mes figurines… font partie de cet environnement dans lequel j’aime me baigner tous les jours, lequel reflète mes goûts, mon affection pour cet univers, et au final représente parfaitement bien l’homme que je suis aujourd’hui. Le démat’ m’enlève tout cela, rend cette passion impalpable et stérilise nos vies. Bon je l’admet, il n’a pas que des inconvénients à acheter du démat’. Si j’ai envie d’un jeu au milieu de la nuit, tout est possible et il est vrai que certaines offres et promotions faites sur internet se montrent imbattables. Mais le résultat est là, une fois le jeu terminé, impossible de le prêter aux potes ou de le vendre quand je suis certain que je n’y reviendrai plus. Et ce jeu, il faut encore que je le télécharge, avec ma connexion en carton actuelle c’est pas gagné. Imaginons que je télécharge un Battlefield 4 de 55 gigas, il me faut 12 heures non stop de DL à pleine puissance et j’ai explosé plus de la moitié de mon cota Belgacom. Ca craint quoi.

J'avoue, sa boîte en carton s'est un peu désintégrée avec le temps...En vrai, ce qui m’embête avec le dématérialisé, c’est que j’ai l’impression de payer pour ne rien avoir, d’acheter du vide et de ne rien avoir en main. De plus, cet achat me lie au destin d’une compagnie. Imaginons que si Steam (c’est ce que j’utilise le plus pour ce genre d’achats) fermait ses portes dans les prochains mois, je suis presque sur et certain que je pourrais dire adieu à tous mes jeux ! Ca paraît peu plausible que Steam ferme ses portes actuellement j’en conviens, mais qui connait l’avenir ? Au train où vit le monde et ce qui se passe chez les financiers, on n’est plus sur de rien. Mes jeux physiques eux, même en cas de faillite de l’une ou l’autre enseigne, restent tranquillement à la maison et même dans 30 ans, rien ne m’empêchera de refaire une partie de FIFA 95.

Cette guerre anti-occaz’

La brocante de Spa, c'est dans ce fouillis que je trouve mes "perles du passé"Si encore pourrais-je faire l’impasse sur tous ces bienfaits des boîtes que je viens de lister ci-dessus, que quelque chose d’autre continuerait de me frustrer : L’impossible libre échange des jeux. C’est quand même trop fun de passer chaque mois dans des boutiques d’occasion, de revendre l’un ou l’autre jeu fini et d’en reprendre un autre qu’on ne connait pas encore non ? Je trouve aussi que c’est génial d’avoir l’opportunité d’aller faire les brocantes et autres battes le dimanche matin dans des petits bleds à peine connus de la région liégeoise à la recherche de la perle rare d’il y a 20 ans et d’y trouver à la place le super bon jeu souvenir qui me manquait sur SNES. Hit en puissance que je recevrai en plus contre une toute petite poignée d’euros. Je ne sais pas vous, mais moi ça me rend tout chose de faire de telles recherches !

Certains supports, comme ici l'UMD avec la PSP, étaient décevants je vous l'accordeEt la frime dans le démat’, ou est la frime ? Face au potes, c’est dans la nature de l’homme de se vanter. C’est terrible de leur en mettre plein la vue avec mon supr bureau plein de figurines et mes étagères remplies de jeu en tout genre, de les impressionner avec « mon musée ». C’est aussi très valorisant, amical et « social » de dire à un ami tout en parcourant ma bibliothèque : « Tu connais ce jeu ? NON ??? Tiens prend prend le quelques jours et tu me le ramène le week end prochain, essaie le tu vas adorer. C’est un titre dont on a pas beaucoup parlé, ou fait beaucoup de pub, mais diable que c’est bien ! ». Faire plaisir aux amis et entretenir le bien-être de son entourage, ça aussi une boîte peut le faire. Je me vois mal faire ça avec mon compte Origin !

En une phrase

J’aime les supports physiques, ils font partie de mes jeux et donc de moi. Vous avez compris ? Laissez moi ces boîtes ou je vous frappe !!!     Biz biz Laurent

A gauche ce que j'espère encore être ? A droite ce que je suis ?En quelques paragraphes, je viens d’essayer de vous expliquer pourquoi je suis tant attaché au supports physiques des jeux vidéos. Un système de vente qui semble pourtant voué à disparaître. Peut être me prendrez vous (encore) pour un gaming Papy, un absurde nostalgique anti-progressisme, mais je m’en fout ! J’assume mes plaisirs et je me battrai pour eux.

 

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par Laurent Laurent, il y a 3 ans et 2 mois. This post has been viewed 1046 times

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