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Demon’s Souls, Dark Souls, … vortex temporel vers le passé ?

Lettre d’amour à Dark Souls

The Dude le 10 juillet 2014

Back to the préhistoire

Pour les moins jeunes parmi vous, peut-être que vous vous souvenez d’une époque où Internet était encore un truc très abstrait, voire inexistant, et où toute information pertinente à un jeu vidéo se trouvait dans les magazines spécialisés, ou circulait de bouche à oreille. Les vieux croûtons, je suis sur que vous avez sué sang et larmes sur  les tous premiers point and click de Sierra avec les Leisure Suit Larry, la série Quest ou encore Lucasarts avec le génial Monkey Island. Et si je vais encore plus loin dans mes souvenirs de fossile, je retrouve du Cryptique sur mon C64 où on avait qu’un petit feuillet d’instructions très succinctes et la formulation vague d’un objectif pour seule introduction. Pire encore, à l’époque, on piratait allègrement, on avait tous ces jeux sur deux trois cassettes audio compressés via TurboTape, et du coup pas d’instructions du tout, pas de tutoriel, pas de soluce toute faite sur Youtube ou GameFAQ pour nous guider.

Fort Apocalypse. Ensuite j’ai découvert la LSD.

Prenez par exemple Fort Apocalypse, un shoot à scrolling ou il fallait infiltrer en hélicoptère un complexe souterrain pour détruire un réacteur nucléaire. On démarrait le jeu avec plusieurs chemins, plusieurs possibilités. Une sorte de labyrinthe qui alimentait nos discussions au lycée. On tentait de reproduire les astuces que les potes avaient trouvé. Et après de nombreux essais on arrivait enfin devant le réacteur. La sensation d’élation (ndlr. orgasmique ?) quand on faisait enfin sauter la cible ! Et puis le jeu nous renvoyait au tout début, histoire de tout recommencer avec cette fois des ennemis plus corsés. Je me souviens d’un Lucasarts qui s’appelait alors Koronis Rift. Il fallait parcourir des canyons sur une planète étrange, trouver des reliques abandonnés, tandis qu’on se faisait pourchasser par le système de sécurité de la planète, tout en essayant de comprendre à quoi pouvaient servir les reliques. Rien était expliqué, il fallait tout tester pour comprendre comment les reliques fonctionnent, interagissent entre elles. Et tout ça, sous la menace constante des tirs adverses. Encore une fois, cette sensation indescriptible une fois le jeu terminé.

Avance rapide de 30 ans…

Les Interwebs sont partout. Des milliers de gamers font des walkthroughs sur Youtube, ou carrément du live direct sur Twitch, et ce, parfois, même avant la sortie d’un jeu. On retrouve des guides détaillés partout, des FAQ à ne plus savoir quoi en faire et j’en passe. Mais les jeux ont également changé : tutoriels extensifs, messages et indices présents à l’écran, linéarité, etc. La grande majorité de ces titres tiennent le joueur par la main. Et on a tous très vite pris l’habitude de se laisser mener par cette “casualisation”.

Hardcore, ze Return : Dark Souls?

Puis, un jour d’été 2012, alors que je suis en train de chercher un peu de fraîcheur dans mon appart-sous-combles (ndlr. … et d’astiquer les jantes de ta caisse ?), je vois que Dark Souls est sur Steam. J’avais déjà pas mal entendu parler de ce titre, successeur spirituel de Demon’s Souls et réputé pour sa difficulté, une exclusivité PS3. Le look me plait, hop, j’achète. Quatre heures plus tard, je jette ma souris dans un coin et comprend que sans pad, je vais pas faire long feu. Ah ! Ça va déjà beaucoup mieux… sauf que… non mais c’est quoi ce truc ?! Ce démon est tellement grand que… il n’est même pas affiché complètement sur mon écran ! Et (sprlotch)… c’est quoi ce jeu ? C’est sensé être le tutoriel, et je crève la bouche ouverte durant les 2 premières minutes ? Je recommence 200 fois avant de comprendre que ce démon-la, je dois l’éviter, pas le combattre. Je passe des heures à terminer l’Asyle, je meurs aussi, 200 fois, avant d’arriver à Lordran.

Morts à gogo dans Lordran

La toute première zone post-tuto, je regarde autour de moi et je vois cette espèce de ruine vers laquelle je décide de me diriger. Au-delà, un cimetière blindé de squelettes. Mais des squelettes hyper balèèè…eeeeeeeh ! C’est quoi ce squelette géant et (sprlotch)… J’ai envoyé volé le pad à son tour. Je passe à Sleeping Dogs, et calme mes nerfs en tapant sur du chinois de pacotille à Hong-Kong. Le lendemain, je relance Dark Souls et j’avance un petit peu plus loin dans le cimetière avant de me faire exploser a l’entrée d’un souterrain. Normal. Je recommence et cette fois je tombe dans le ravin en courant pour éviter les ennuis. Et à force de crever bêtement je commence à me dire que c’est un jeu fait pour les poulpes, un peu comme StarCraft 2 qui m’avait auparavant très vite largué. Je commence à me dire que c’est sans doute le début de la fin, je me fais vieux, je n’ai plus d’aussi bon réflexes et que je dois passer la torche aux générations futures. Un mois après, après avoir terminé Sleeping Dogs et Darksiders 2, je réalise que Dark Souls me nargue toujours sur Steam. Je relance le jeu. Je suis toujours au Firelink Shrine. Et je vois un des “fantômes” des autres joueurs qui se dirige dans la direction opposée au cimetière. Vers la falaise. Je décide de le suivre. Oh, tiens… mais ça monte par là ! Premier ennemi, et joie ! Je lui latte la gueule en deux coups… autrement plus facile que ces damnés squelettes. J’avance enfin dans le jeu. Je meurs tout autant qu’avant, mais j’avance. J’arrive, au bout de nombreuses morts, au prochain feu de camp… Elation ! Cette même sensation euphorique que je n’avais plus ressentie depuis des années. Le reste, c’est maintenant de l’histoire ancienne : Dark Souls, je l’ai fini. Plein de fois. Avec des builds différents : Pyromancien, DEX/FAITH, INT pur, Tank… je suis à de différentes étapes de NG+. Et je meurs toujours autant. Mais en même temps moins. Je m’énerve toujours autant quand le Capra Demon me bute débilement parce que ses clébards me coincent contre un mur (ndlr. comme pour un viol ?). J’ai aussi joué à Demon’s Souls sur PS3, qui d’après moi est encore plus hardcore que Dark Souls. Et bien sur, j’ai aussi terminé Dark Souls 2 qui, tout en restant dans la continuité de Dark Souls, fait revenir pas mal d’éléments de Demon’s Souls. Chaque partie est un retour pour moi vers ce temps béni ou un jeu était dur, mais juste. Ou il te récompensait et te punissait. Pas de grosse flèche GPS pour t’indiquer la route à prendre. A toi de faire tes choix, qu’ils soient bons ou mauvais. Ou plutôt non. Parce que dans Dark Souls, il n’y a pas de mauvais choix. Juste des choix difficiles. A la manière d’un véritable jeu de rôle, il vous laisse libre de vous planter royalement ou de réussir, mais toujours en vous obligeant à assumer vos actes.

Au delà, c’est l’histoire

Dans Dark Souls, le joueur se retrouve catapulté dans cet univers mystérieux avec un but assez vague. Des infos glanés ici et là à travers les descriptions d’objets et les monologues des PNJ éparpillés dans ce vaste monde tortueux vous aide à assembler les pièces d’un puzzle un peu flou. Et puis, une fois de plus, Dark Souls nous ouvre son coeur de jeu de rôle véritable : on meuble les blancs dans ce scénario désarticulé en apparence, on trouve son histoire, on façonne son personnage : héros ou simple pion ? On découvre peu à peu les destins des protagonistes et antagonistes de Boletaria, Lordran et de Drangleic. Et plus on y passe du temps, plus on se rend compte qu’absolument rien est laissé au hasard. Chaque placement d’item, chaque personnage, chaque décor raconte son histoire. Tout est imbriqué de manière à former une sorte de grand schéma. Et si jamais un vide persiste, l’imagination la comble. Pas si différent des jeux d’antan. Bon après, oui j’ai été voir quelques astuces sur le web. Il y a des boss, j’arrivais pas a les battre. J’essayais. Mais je n’y arrivais pas. Et du coup, j’ai appris une tonne de nouvelles choses. Des secrets à côté desquels j’étais passé, des chemins alternatifs. Et là, pour la première fois depuis de nombreux années, j’ai de nouveau ressenti ce plaisir de découverte et de partage au sein d’une communauté tout aussi perdue que moi.

Avec Dark Souls 2, j’ai fait le choix délibéré de ne PAS consulter. De découvrir le jeu par moi-même. Et c’était effectivement la culmination de tous les effets attendus. Le jeu s’ouvrait à moi avec toute sa beauté, son mystère, ses pièges et défis, surmontables pour peu que l’on prenne son temps et que l’on réfléchisse. Parce qu’on apprend de ses erreurs. Et puis aussi parce que, comme l’autre type le disait, ce qui nous tue pas nous rend plus fort.

Voilà.

Fiche de jeu

Titre: Dark Souls II Développeur(s): FromSoftware, Inc. Editeurs: Bandai Namco Games Inc./FromSoftware, Inc. Genre(s): Role-Playing/Action-Adventure Date de sortie: 11/03/2014 Plateformes: X360 PS3 PS3N PC ESRB: M
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par The Dude The Dude, il y a 3 ans et 3 mois. This post has been viewed 1083 times

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