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[TEST] Wasteland 2

Balade bucolique dans le désert radioactif de l’Arizona

Le Rabbin le 12 octobre 2014

Les années 90 ont vu apparaître nombre de franchises mythiques restées gravées dans la mémoire des joueurs de la première heure. C’est à cette même époque qu’un genre bien particulier connu son âge d’or, le RPG Post-Apocalyptique. Avoir vécu 40 ans sous la menace d’une guerre nucléaire entre grandes puissances rivales, forcément ça donne des idées, et pas des plus joyeuses. Outre Wasteland, dont nous parlons aujourd’hui, d’autres licences ont vu le jour dans ce contexte, c’est notamment le cas de Fallout ou dans un genre un peu moins noir: X-Com.

Un parcours chaotique

Encore récemment, Fallout était la seule série à avoir survécu à l’hiver nucléaire des années 2000. C’était sans compter sur la campagne Kickstarter de Brian Fargo, responsable de Wasteland premier du nom (ainsi que de Fallout d’ailleurs, cet homme est un saint!) et de sa détermination à faire vivre sa franchise.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que le chemin ne fut pas sans encombre. Envisagée dès le début des années 90, la suite du jeu ne vit pas le jour immédiatement en raison de conflits de licences. Loin d’être découragé, Brian Fargo, via le studio InXile qu’il a co-fondé, rachète les droits d’exploitation et la licence, on est en 2003. Des années plus tard, Kickstarter entre en jeu et l’objectif affiché par l’équipe s’élève à 900.000 dollars. Le succès est immédiat, Wasteland premier du nom est encore bien présent dans le cœur des joueurs et la campagne rapporte plus de 3 millions de dollars.

En 2013, le jeu continue son bout de chemin et débarque en early access sur Steam. Les développeurs, dont certains étaient présents sur le premier jeu, ont pris le temps de peaufiner leur bébé, de relever le défi monstrueux qu’est celui d’innover tout en restant fidèle à un jeu très apprécié du public. Aujourd’hui, le jeu est sorti depuis un mois, voici nos impressions.

Plein de compétences !

Dès le départ, on retrouve une mécanique propre à tous les RPGs dignes de ce nom: la création de personnages. Et si l’aspect « compétences » est plutôt bien fourni (informatique, crochetage, armes diverses, …), celui du relookage des persos laisse un peu à désirer. Les possibilités graphiques étant limitées, difficile de créer le parfait aventurier des terres désolées tel qu’on se le représente. Mais tant bien que mal, il est possible de se créer une fine équipe de quatre rangers et d’en être assez fier.

Vargas, un héros qui a bien vieilli depuis Wasteland

Vargas, un héros qui a bien vieilli depuis Wasteland

L’histoire commence aux funérailles d’Ace, l’un des personnages « recrutable » du premier volet. Le général Vargas, chef des Rangers du Désert (et accessoirement héros du premier jeu) vous envoie remplir la même mission qu’Ace, découvrir la source d’une mystérieuse transmission radio.

Tout au long de l’histoire, les références à Wasteland sont nombreuses et bienvenues ainsi que l’humour et les clins d’œil à la pop culture. L’esprit décalé propre à Fallout est, ici aussi, bien présent quoique parfois moins pertinent que chez sa licence « soeur ».

Le RPG post-apo à, depuis 20 ans, lentement évolué d’un point de vue surplombant l’action à un modèle FPS plus immersif (Fallout 3, etc.). Wasteland 2 rompt avec cette évolution et revient à cette fameuse caméra « aérienne ». Et malheureusement, le rétropédalage n’est pas des plus heureux… Le plus grand défaut de Wasteland 2 reste son système de caméra très désagréable et qui ne permet pas toujours de suivre l’action correctement. Qui plus est, l’absence de mini-maps est très inconfortable quand il s’agira de retrouver son chemin sur des cartes pas forcement très grandes. Espérons que ce problème sera réglé dans une future mise à jour car il s’agit là d’un des seuls défauts majeurs du titre avec les soucis de traductions françaises (encore en cours).

Régler les problèmes par le dialogue… ou pas

Parlons maintenant des points positifs, car Wasteland 2 déborde de petits plus qui rendent l’expérience de jeu très agréable. Tout d’abord, on retrouve très vite les mécaniques des premiers RPGs post-apo. On est, par exemple, très vite lâché dans la masse des compétences à attribuer, et c’est tant mieux. La découverte et la répartition des compétences entre nos quatre aspirants rangers s’avèrent de véritables défis stimulants.

Le Scorpitron, rien que pour le nom, on adore !

Ensuite, chaque situation à laquelle le joueur est confronté peut être abordée de plusieurs façons différentes : le dialogue, le crochetage d’une porte, le piratage d’un terminal ou tout simplement la force des armes. Pour cette raison, la lecture des dialogues s’avère un véritable plaisir se rapprochant des premiers RPGs à textes. Même si la traduction française comporte encore quelques bugs, elle est très bien réalisée (par des fans, c’est important de le préciser) et est extrêmement fidèle au style d’origine.

Si par hasard vous décidiez de régler vos problèmes en faisant parler la poudre, vous serez confronté au phases de combat au tour par tour. Pas très original (très similaire à celui d’X-Com et bien d’autres), le système de combat se révèle assez limité et répétitif. Le joueur se retrouvera régulièrement dans des environnements sans possibilités de se mettre à couvert. Les fusillades se terminant souvent en duels de cow-boy face à face où celui qui a la plus grande puissance de feu gagne.

Enfin, l’aspect « survie » du titre est également présent. Lors des déplacements de l’escouade dans le désert radioactif d’Arizona, les rangers devront garder un œil sur leurs réserves d’eau, quitte à fuir quelques combats pour rester en vie et sauvegarder leurs munitions.

En résumé, Wasteland 2 est un jeu qui comporte quelques défauts, comme c’est souvent le cas avec des jeux Kickstarter, mais qui possède un charme digne des premiers RPGs post-apocalyptiques. Il plaira aux fans de la première heure sans repousser les joueurs plus jeunes pour qui post-apo rime avec Fallout New Vegas.

On aime :

  • Un style rétro dans la narration fidèle à l'âge d'or du genre
  • Plein de dialogues à lire
  • Un humour omniprésent, souvent là où on l'attend le moins
  • Tout un tas de compétences à découvrir
  • Une rejouabilité assez bonne (plusieurs fins possibles)

On aime moins :

  • Des angles et des contrôles de caméras improbables
  • Des phases de combats trop monotones
  • Peu d’ennemis uniques (Boss, etc.)
  • Des graphismes un peu datés

Fiche de jeu

Titre: Wasteland 2 Développeur(s): Obsidian Entertainment/inXile Entertainment, Inc. Editeurs: inXile Entertainment, Inc./Deep Silver Genre(s): Action/Strategy Date de sortie: 19/09/2014 Plateformes: MAC PC LIN OFLC: MA15+
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Le Rabbin, il y a 2 ans et 9 mois. This post has been viewed 1464 times

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