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[TEST] DRIVECLUB

Beaucoup de promesses et au final, il n’y a rien…

Laurent le 14 octobre 2014

Il était le tout premier jeu de course annoncé sur PS4. Il devait accompagner la sortie de la console de Sony en novembre dernier et s’imposer haut la main comme la référence des jeux de course multijoueurs sur next-gen. Il devait nous apporter la plaisir de se mettre au volant des plus impressionnantes voitures modernes. Il devait nous offrir des nuits de folie à jouer entre potes ai seing du même club de pilotes. Il fût aussi reporté plusieurs fois sans réelles explications concrètes de la part de ses développeurs. Il devint aussi logiquement l’objet de nombreux doutes et tout autant de spéculations. Mais cette fois-ci, ça y, il vient bel et bien d’arriver chez nous après pratiquement un an d’attente supplémentaire et j’y ai joué plusieurs jours (quand il le voulait bien). L’heure du constat et des réponses est arrivé : Le fameux DRIVECLUB n’est vraiment pas le hit en puissance qu’on attendait tous et il ne va surement pas obséder tous les fans de course ! Que du contraire…

Premier tour de piste

Pour faire vite tout en étant complet, sachez que DRIVECLUB est un jeu de course de voiture exclusif à la PlayStation 4. Son possesseur (moi en l’occurrence dans ce test) peut prendre le volant de plus d’une cinquantaine de véhicules modernes super puissants et y affronter, soit d’autres joueurs provenant du monde entier en mode Online, soit une Intelligence Artificielle en mode solo, à travers de jolies pistes réparties dans 5 grands pays : L’Écosse, l’Inde, le Canada, le Chili et la Norvège. Ce qui différencie DRIVECLUB de la majorité des jeux de course de ces dernières années, c’est que son concept principal réside dans le fait de devoir rejoindre un Club de joueurs en ligne et d’avoir l’obligation de participer à des défis avec et pour eux. Faire de bons résultats en équipe amène évidemment son lot de points de réputation et son lot de bonus comme d’autres caisses à débloquer ou de quoi les décorer.

Ni arcade, ni simulation… On ne s’assume pas !

Ce qui ne le différencie pas des autres jeux de voitures du moment, c’est qu’il ne s’assume pas et qu’il n’arbore pas fièrement un seul et unique style de gameplay. C’est pourquoi j’ai envie de dire que DRIVECLUB c’est 75% de jeu arcade et 25% de simulation. Du côté des développeurs d’Evolution Studios, la société d’origine britannique à qui l’on doit notamment les Motorstorm sur PS3, on justifie ce choix en expliquant que cette orientation hybride contente une majorité de joueurs et permet surtout une prise en main immédiate du jeu. Ce qui n’est pas faux… DRIVECLUB se prend en main en deux temps et trois mouvements et se gère facilement après quelques virages seulement, aussi novice puisse être son joueur. Mais voilà, pour moi ce type de gameplay n’apporte rien en terme de sensations à DRIVECLUB. Ici, toutes les voitures se conduisent de la même manière, seule la vitesse varie. Que j’aie été au volant d’une Mini Cooper ou d’une Bentley Continantal GT, je n’ai jamais eu l’impression que mon bolide avait un poids, une suspension, des qualités à privilégier ou des défauts à compenser. De plus il est totalement impossible de paramétrer le comportement de sa voiture, d’effectuer des réglages ou de désactiver des éventuelles aides au pilotage, il n’y en a tout simplement pas ! Les voitures ne font que glisser dans tous les sens et la victoire n’est qu’une question d’agressivité.

En découle l’hérésie que, quelque soit la surface sur laquelle on court (asphlate, neige, terre, graviers,…) le comportement de la voiture reste le même ! On peut donc plus qu’excessivement piquer sa corde, couper volontiers dans l’herbe dans un virage, s’appuyer sur les barrières en bord de route sans perdre le moindre millième de seconde. Mais attention, garder une vitesse excessive, cela peut tout de même pousser à la faute ou augmenter les chances d’aller percuter de face un autre mur ou un autre concurrent. Erreurs qui amènent inexorablement des pénalités de puissance de quelques secondes et de points de prouesses. Vous l’avez bien compris, Evolution Studios a ajouté des systèmes de pertes de points et de vitesse super agaçants pour punir le joueur puisque le gameplay ne le fait pas. Le premier constat est donc mauvais et j’en suis le premier désolé. Même dans un jeu orienté 100% arcade, je ne peux pas accepter cet état de fait ruinant vraiment l’intérêt des courses. Je suis peut être bizarre, mais je ne peux pas concevoir de ne pas avoir le moindre avantage à conduire proprement sur un circuit dans un jeu de course.

Un rapide tour d’Horizon

Point de vue gameplay, je considère que DRIVECLUB est raté. Heureusement, le soft n’est pas trop moche à regarder. Franchement, j’ai même envie de dire qu’il bénéficie de graphismes assez soignés, colorés et réussis. On n’est loin du chef d’œuvre évidemment, il tout à l’écran na bien sur pas été aussi travaillé, mais sa réalisation artistique m’a impressionnée, tout comme sa profondeur de champs ou la qualité visuelle donnée aux tableaux de bords des voitures quand on s’y installe. C’est vraiment joli à voir. Par contre, à ma grand surprise, je n’ai pas de nouvelles des fameux effets de pluie fièrement vantée par les développeurs depuis les premières annonces du jeu. Ceux-ci devraient débarquer d’ici quelques temps sous forme d’une mise à jour ou d’un diabolique DLC-Météo d’après l’éditeur. Je suis pressé de voir ça dans un avenir très proche tiens ! Enfin, vu que le monde n’est jamais tout rose ou tout noir, ce qui m’ énormément déçu pour un jeu qui nous a tant fait attendre, c’est la gestion des dégâts qui est extrêmement limitée techniquement. Quelques bosses suspectes sur les flancs, quelques griffes peu crédibles ci et là et des phares brisés en leur centre, c’est tout ce qu’il est possible d’infliger à sa caisse après moult bagarres viriles, cabrioles ou rencontre inopinée avec un mur invisible.

Comment dépasser cette IA cheateuse ?

Les circuits sont répartis en 5 zones, possédant leur environnement typique (Écosse – Terre, Norvège – Neige,…). Chacun comprend 11 tracés spécifiques assez bien dessinés techniquement parlant, mais il n’est pas rare de reconnaitre l’un ou l’autre secteur copié puis collé d’une autre piste. En solo, je me suis très vite ennuyé puisqu’on passe et repasse dans les mêmes zones à longueur de temps. De toute façon, le mode « carrière » n’est pas très long ni prenant et se fait uniquement pour débloquer les voitures bonus en vue de s’attaquer par la suite au multi. Il suffit d’y enchainer les étapes les unes après les autres sans motivation ni explications tout en réussissant différents objectifs (terminer dans le top 3, réussir un temps sur un tour, atteindre une certaine vitesse de pointe,…) histoire de récolter des étoiles, permettant à leur tour de débloquer les épreuves suivantes. Et une fois à la fin de la liste des épreuves, bin… il n’y a rien.

Je suis également obligé de vous mettre un petit mot aussi concernant l’IA, littéralement CA-TA-STRO-PHIQUE. Quand vous jouez seul pépère en bout de peloton, l’IA se contente de rouler en file indienne avec un GAP stable et régulier. D’office, il ne faut pas espérer que d’autres voitures se battent entre elles ou se fasses de mauvais coup. Que nenni, les mauvais coups sont uniquement réservés au gars qui tient le pad ! L’Intelligence Artificielle est prête à tout pour VOUS gâcher la vie. Elle vous percute, vous pousse vers les bas côtés de la piste vous bloque et roule à 400km/h pour vous empêcher de la dépasser alors qu’elle avançait tel un escargot deux secondes avant. Evolution Studio à cherché à compenser la lenteur extrême des voitures gérées par l’IA en virages par une vitesse complètement impossible en ligne droite. Donc même si vous prenez bien l’aspiration derrière un concurrent, que vous allez le dépasser correctement et bien une fois à sa hauteur, soit sa vitesse va augmenter incroyablement, soit il va vous éjecter dans le décor. Si un jour vous avez envie de vous essayer à DRIVECLUB, retenez bien cette règle : Le niveau de performance de l’IA varie en fonction de la vitesse à laquelle vous, vous roulez. Essayez de vous arrêter en pleine course et vous verrez que vos opposants avanceront comme des tortues pour vous attendre ! Aberrant non ?

Le garage du club

Comme je le stipulais dans le premier paragraphe, et il est évident au vu de la découpe de son nom, que DRIVECLUB est un jeu largement orienté online. Ainsi, il est possible de rejoindre librement des clubs ouverts, de se faire inviter par des clubs privés ou enfin de créer votre propre team. Le niveau de ces clubs et leur réputation grimpe au fur et à mesure que ses membres récoltent des points d’expérience en course. Un dépassement, une pointe de vitesse, un joli Drift, un secteur sans touchette, une victoire, un objectif qui s’accompli,… ce genre de prouesse rapporte des points à votre profil et par la même occasion à votre club. Leurs montées en puissance permet de débloquer de nouveaux véhicules plus rapides et parfois des stickers pour les personnaliser. L’idée de rejoindre ses potes dans un lobby et de faire des courses coopératives jusqu’à 12 joueurs (6vs6) sur une piste est sympa, celle des petits défis à réussir en pleine course l’est aussi, mais le gameplay imprécis du soft vient malheureusement tout gâcher.

Ce genre d’objectifs quoi !

En multijoueurs, chacun cherche la moindre faille du jeu et on hésite pas à bourriner ses adversaires pour remporter la course. Et autant vous le dire de suite, il y a de quoi rager rapidement pour celui qui comme moi, essaie de rouler de manière fluide et propre. Après quelques secondes, on fini la tête dans le décor poussé par un coéquipier qui n’a rien compris au jeu et au fait que nous devions nous entraider pour gagner. C’est d’autant plus frustrant quand cela se reproduit inlassablement au fil des étapes, voir même plusieurs fois par course et qu’à chaque tentative de remontée au classement s’en suit le même résultat. Il faut donc se retourner vers les challenges de clubs pour retrouver un peu de fun, mode de jeu où il faut inviter d’autres équipes à venir battre vos temps sur une piste en conditions semblables. Ça c’est intéressant au moins se dit on au premiers abords et ça l’est vraiment ! C’est ce qui peut encore donner l’envie de jouer après une heure. Mais il y quand même un hic, c’est que cela ne rapporte absolument rien comme bénéfices autres qu’un tout petit peu d’EXP en cas de victoire.

Et avant tout cela, pour avoir un minimum d’intérêt à jouer à DRIVECLUB en ligne, il faut aussi avoir mordu sur sa chique pour remporter petit à petit de des points de prouesses pour grimper dans les niveaux et avoir passé son temps à débloquer des nouveaux bolides. Comme vous vous en douterez, on ne va pas aussi vite en Volkswagen Golf qu’en McLaren P1. Donc quand vous démarrez en fond de grille avec votre Titine, il est peut probable de prétendre à la victoire quand tout le monde en face roule en super Merco Spéciale AMG ! Il est ainsi obligatoire d’essayer de débloquer une bonne partie des 50 voitures disponibles dans le jeu pour pouvoir ne serait ce qu’un minimum rivaliser avec les autres joueurs. Cinquante, c’est pas beaucoup en effet, surtout qu’elle ne sont pas spécialement toutes des plus charismatiques ou mises en valeur. Il ne faut pas non plus chercher d’éventuelles bagnoles d’origine Japonaise ou Américaine jouables dans DRIVECLUB, il n’y en a pas non plus ! Pas de Muscle Car, pas de Drifteuse asiatique, rien, nada, que des européennes.

 A la ligne d’arrivée

Clairement, DRIVECLUB à du soucis à se faire au vu des prochaines sorties ! Project Cars et The Crew sortirons d’ici peu de temps par exemple, partent d’un concept similaire et veulent mettre la barre très haut. Je suis sur et certain que cette exclusivité Sony PS4 ne fera pas le poids face à des titres comme ceux-ci sur le long terme. Moi qui attendait ce jeu impatiemment depuis son annonce, moi qui était déjà pratiquement convaincu de ses qualités avant même de l’avoir inséré dans ma console, aujourd’hui je déchante. Je me rend compte que DRIVECLUB n’est ni simulation automobile, ni un titre totalement arcade et qu’il ne s’assume en rien. Il y a plein d’idées certes très bonnes à la base, mais rien n’a clairement été défini, scripté, travaillé en profondeur. DRIVECLUB est un titre très décevant sur pas mal de points et j’estime que je dois recevoir plus d’un jeu qui coûte 60€ qui est développé depuis autant d’années, pour lequel on a fait autant de foin et qui vient en plus d’être retardé d’une aussi longue durée.

C’est assez joli, mais c’est tout.

Les sensations n’y sont pas du tout, le plaisir de conduire encore moins, la faute à un gameplay peu travaillé, trop permissif et trop arcade, une Intelligence artificielle complètement surréaliste en solo et un mode multijoueurs gâché par tous ces soucis qui l’entourent et un contenu qui se limite un minimum syndical. J’aurais bien aimé plus de subtilité et de précision dans la conduite de ces magnifiques voitures, une gestion des collisions beaucoup moins fantaisiste et un mode multijoueurs en club bien plus développé, là ça aurait été beaucoup plus intéressant. Il faut bien l’avouer, le fait de faire partie d’un club de pilote avec ses amis c’est chouette, mais quand ça ne nous apporte aucun avantage, pratiquement rien comme bonus, AUCUN PLAISIR et qu’en plus on s’y ennuie et qu’on en ressort à chaque fois plus frustré, ça ne donne qu’une envie : celle d’aller voir ailleurs… D’ailleurs, je retourne prendre mon pied sur Forza Horizon 2 tiens !

 

PS : A l’heure où j’écris ces lignes, soit presque une semaine après la sortie du jeu en magasin, beaucoup de soucis de serveurs sont vécus par les joueurs. Oui, Sony et Evolution Studios se encore sont bien plantés et rencontrent des soucis pour accueillir tous les gamers sur les serveurs de DRIVECLUB. Il est donc fréquemment (tout le temps en fait) impossible de s’y connecter et de rejoindre les parties en réseau et de profiter du concept de base du soft : Le Club. Selon les équipes qui travaillent à ce problème, les serveurs seraient saturés et ils en sont les premiers étonnées car ce problème ne s’était pas présenté lors de la bêta test. On ne sait toujours pas quand le problème sera résolu, comment ni pourquoi, mais la team de développement est déjà en train de plancher sur une forme de dédommagement. Lequel et quand, ça non plus je n’en sais rien. Ce qui est certain, c’est qu’encore aujourd’hui, beaucoup de fonctionnalités ont été désactivées afin de soulager les serveurs, que les challenge dynamiques et les mises à jours du centre social de club ne sont toujours pas disponibles.

Je ne peux que vous donner une astuce à la con pour espérer vous connecter quelques minutes pour bénéficier du multijoueurs avant d’être lâchement déconnecté au profit de quelqu’un d’autre.  Sachez donc qu’il n’est possible de vous connecter qu’à condition de faire la queue ! Puisque le nombre de slots disponible étant actuellement strictement limité, il faut attendre que des joueurs connectés avant vous s’en aillent pour prendre leurs places. Laissez donc votre console allumée et attendez patiemment que cela se connecte tout seul, du moins si vous en avez la patience, car moi j’ai du attendre trèèèèès longtemps pour jouer quelques minutes seulement en ligne.

Je tenais enfin à vous informer que c’est suite à ces soucis techniques que mon test de DRIVECLUB arrive si tard sur leblogjeuvideo.be et que ces soucis n’ont pas été pris en compte dans la note finale que j’ai attribuée ! Et si ça vous intéresse, je refile aussi ma copie du jeu à celui qui voudra. N’hésitez pas à m’envoyer un mail (laurent@leblogjeuvideo.be) pour marquer votre intérêt !

NOTE FINALE : 08/20

 

 

 

On aime :

  • Sensations de vitesse
  • Prise en main immédiate
  • Les cycles jour/nuit en pleine course
  • Tableaux de bords des véhicules très réussis
  • Environnements variés et plutôt jolis
  • Tracés bien dessinés

On aime moins :

  • On va plus vite en fonçant dans les murs qu'en la jouant "course propre" !
  • Trop arcade, les sensations de conduite ne sont pas assez présentes
  • IA un peu bizarre, trop scriptée, très agressive, voir cheatée !
  • Gestion des collisions et des dégâts
  • Aucun scénario ou un contexte de course disponible
  • Les joueurs bourrins en Online gâchent le jeu
  • Pas assez riche de contenu (50 voitures EU - 5 pays)
  • Soucis continuels de connexion aux serveurs (temporaires ?)

Fiche de jeu

Titre: Driveclub Développeur(s): Evolution Studios Ltd Editeurs: Sony Computer Entertainment Europe/Evolution Studios Ltd Genre(s): Driving/Racing Date de sortie: 07/10/2014 Plateformes: PS4 PEGI: 3+
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