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[Test] The Crew

Un immense terrain de jeu, mais quoi d’autre ?

Laurent le 17 décembre 2014

Trois jeux de course à tendance Social Gaming devaient voir le jour durant cette fin d’année 2014 : Forza Horizon 2, DriveClub et The Crew. Si le premier avait su m’émerveiller sur Xbox One, le soft de Sony m’avait littéralement décomposé au vu de sa nullité. Qu’en est il maintenant du Racing Game connecté d’Ubisoft ? Sa longue promotion nous proposait à coup sur un gigantesque et magnifique open-world, un trip plein d’interactions entre gamers, du tuning dans tous les sens et sincèrement les trailers et les versions bêta me laissaient espérer le meilleur malgré le fait que ce projet me paraisse particulièrement ambitieux. C’est donc avec une certaine confiance et une motivation sans faille que je me suis lancé dans The Crew avec pour objectif de vérifier ce que valait vraiment ses fameuses courses à travers tous les Etats-Unis… Bin oui, c’est qu’un immense terrain de jeu ne fait pas tout dans la vie, il y a surement quelque chose d’autre à côté !

United States of America

Les grandes villes des USA sont toutes là !

Lors de l’E3 en juin 2013, Ubisoft créait la surprise en annonçant une toute nouvelle licence un peu sortie de nulle part : The Crew. L’éditeur précisait déjà à l’époque que The Crew serait un jeu de course incroyable et ultra-connecté. Toujours selon les dires d’Ubi, les grandes forces de nouveau titre seraient sa carte représentant l’entièreté des Etats-Unis, la possibilité d’en parcourir toute sa superficie et ses nombreuses fonctionnalités sociales permettant aux joueurs de former des équipes et de coopérer à tout moment, même durant des missions du scénario. Maintenant que le jeu est dans ma PS4, je ne peux que confirmer qu’Ubisoft ne nous avait pas menti ! Du moins en ce qui concerne le terrain de jeu. La gigantesque map est là, un open world monumental que je n’avais encore jamais vu dans un autre jeu de course. Accrochez vous, pour parcourir la carte de droite à gauche (Los Angeles – New-York) il vous faudra au moins une bonne heure de conduite sans trop d’accidents, sans pause pipi/clope, à la condition de piloter une bonne bagnole et de ne pas s’arrêter admirer les nombreux paysages. Déserts, forêts, vallées verdoyantes, villes basses, quartiers commerciaux, montagnes enneigées, tous les décors possibles et imaginables aux States sont en effet représentés et je n’ai pu que m’incliner devant autant de richesse et de diversité. De plus, même si cette carte est imposante, elle n’en est pas moins ultra-vivante ! Il y a de l’action partout autour de notre bolide : des piétons, de la circulation, des pompiers qui bossent, des animaux qui traversent inopinément, des ambulances qui roulent à fond, des avions qui passent à quelques mètres de nous,… on s’y croirait presque ! Mon seul regret, ce que l’équipe d’Ivory Tower, la team chargée du développement, n’aie pas su implémenter un système de météo dynamique. Là, ça aurait été top parfait.

Par contre, oui la map est pharamineuse mais j’ai l’impression que cela s’est un peu fait au détriment de l’aspect visuel du jeu. Loin de moi l’envie de dire que The Crew est vraiment moche ou super laid, car ce ne serait pas vrai, mais je trouve qu’on est très loin de la claque graphique attendue. Les textures des environnements sont en général très ternes, elles manquent souvent de finesse et surtout de détails. Je fais le même constat concernant les voitures mises à notre disposition. Elles sont certes modélisées fidèlement et correctement, mais elles manquent tristement de détails, de finition, justement ceux là qui auraient pu faire la différence au décompte final. Quelques effets comme la boue, la poussière ou la neige qui se colle au véhicule, ou encore les différentes cinématiques viennent un peu relever le niveau visuel, mais en résumé c’est pas brillant et pas toujours plaisant à voir quand on sait qu’on joue à un jeu New-Gen. Question fluidité du jeu, de l’affichage, là aussi c’est pas génial. Le trafic apparait un peu bizarrement, obligeant le joueur à changer de trajectoire un peu au dernier moment et il est souvent impossible de le voir grâce à une certaine profondeur de champs, le décor se construisant petit à petit au loin… La qualité visuelle de The Crew souffre visiblement de la grande taille de sa carte !

Pied au plancher

Allez, on joue avec les Spec et ça donne ça !

Étrangement, il n’y a que 37 voitures jouables dans The Crew. Je ne sais pas vous, mas moi je dit que c’est très peu, beaucoup trop peu. Ubisoft se défend en annonçant déjà depuis quelques temps de nombreux DLC, mais je n’en suis pas plus satisfait pour la cause, surtout qu’il faudra sans doute encore passer par la caisse. De base on retrouve beaucoup de voitures américaines principalement les Muscle Car les plus connus et heureusement quelques hypercars tout aussi habituels de chez Mercredes, Porsche, Lamborghini, Ferrari, Bentley ou encore Koenigsegg. Rien de bien exceptionnel par rapport aux concurrents du jeu d’Ubi vous le comprendrez. Reste à parler maintenant du comportement de ces véhicules et des sensations de pilotage. Et là, je préfère vous le stipuler fermement : The Crew est un jeu 100% arcade et le plaisir n’est pas toujours au rendez-vous. A vrai dire, les voitures ont des comportements un peu bizarres, comme si la conduite était très raide, comme manquant cruellement de souplesse et ça ne m’a pas fort émoustillé. A contrario, il est très facile de faire déraper sa voiture pour bien la placer et garder de la vitesse, il est important de prendre de bonnes trajectoires et il est très plaisant de dépasser un adversaire pour la première place dans un virage après un bon coup de frein bien placé. Je vous conseille donc fortement un passage par chez le concessionnaire pour vous offrir une bonne bagnole bien rapide dés le début du jeu et puis par le menu des réglages supprimer quelques aides pour profiter un peu plus du gameplay.

Ce qui est terrible, c’est que chaque voiture peut être customisée, puis tunée comme bon vous semble ! Lorsque vous achetez une caisse, elle vous est livrée « de série », sans la moindre retouche. Un passage au garage permet de la transformer dans un des cinq style de course : Street, DiRt, Perf, Raid et Circuit histoire d’avoir un véhicule conforme pour les différentes courses proposées. D’une seule voiture, il est donc possible d’en obtenir une autre en changeant simplement de kit ! Tout en sachant qu’il est possible de changer les couleurs de la carrosserie, de coller des stickers, changer le style des parchocs, des jupes, de l’intérieur… pour continuer la personnalisation. Néanmoins, certaines voitures sont limitées à certaines classes de Spec, Ivory Tower ayant jugé par exemple que mettre une Lamborghini en mode Raid avec de gros pneus 4×4 n’était pas réaliste, il n’est pas possible de mettre toutes les voitures dans tous les modes. Moi j’aurais trouvé ça marrant ! Du moins un temps… Viennent ensuite les améliorations techniques, c’est à dire celles du moteur, des freins, de la suspensions, de la transmission, qui elles s’obtiennent au fil de la progression dans le jeu et des victoires. Chaque défi vous permettra de gagner de nouvelles pièces qui feront grimper le niveau de votre voiture une fois installées, et donc de la rendre plus performante. Ainsi il est parfois très utile d’aller « farmer » de nouvelles pièces dans de petits défis annexes avant de s’attaquer à une future course qualifiée de difficile ou d’impossible par le jeu.

L’objectif ami

L’interface est claire et bien foutue

Ce que j’attendais en jouant à The Crew, c’est bien entendu de découvrir son système de relations sociales, de création d’équipes et de coopération, soit la formation de « Crews ». Une fois le jeu lancé, puis connecté aux serveurs Ubisoft (une connexion internet haut débit est obligatoire pour jouer) vous avez la possibilité de créer un Crew et d’inviter vos contacts amis à le rejoindre ou à défaut inviter toute personne se trouvant sur le serveur avec vous ! Ensuite, il suffit de se rendre à un point de mission et de la proposer aux autres membres de l’équipe qui valideront leur participation ou non. C’est chouette, comme prévu il est autant possible de coopérer dans les missions de scénario principal quand dans le plus anodin des défis ! De plus, si l’un des membres du Crew gagne, tout le monde dans le groupe gagne. Et si vous préférez affronter les autres joueurs en solo pour montrer votre toute puissance, ou se battre entre Crew, c’est également possible. Il faudra juste avoir la patience de débloquer certains lieux sur la carte qui y donnent accès et surtout le temps de création de l’évènement qui peut parfois s’avérer être très long entre le moment de l’invitation et le début de la course. Le système de Crew est donc très sympatoche, efficace, mais pas non plus révolutionnaire ou ultra-important puis qu’il est tout à fait possible de terminer le jeu et de faire toutes les missions sans jamais jouer avec d’autres pilotes humains. C’est donc un peu dommage qu’il n’y aie pas eu un peu plus de développement dans ce domaine, lequel se devait pourtant être un des points fort du jeu et qui au final ne se distingue pas tellement de ce qu’il s’est fait ailleurs ces deniers mois.

La surprise de mon côté, c’est que ce soft dispose d’un scénario plutôt bien foutu et sincèrement, je ne m’y attendais pas trop. Il vous fera traverser les États-Unis en long et en large dans la peau d’Alex, un pilote au casier judiciaire déjà bien fourni. Le gars est victime d’un coup monté et se fait injustement condamner à la prison pour le meurtre de son frère. Cinq ans plus tard, il négocie sa sortie avec le FBI, qui lui demande d’infiltrer le gang des 5|10 pour remonter jusqu’à un flic ripoux qui magouille justement avec le véritable assassin de son frère. Ça m’a irrémédiablement rappelé quelques bons vieux films de bagnoles et franchement le tout est assez bien mis en scène grâce à des cinématiques superbement réalisées, à des doublages et une bande son très agréables et les agressions continuelles des policiers de la route qui sont particulièrement agressifs voir étrangement efficaces (un flic qui vous dépasse dans les champs à 400km : logique quoi !). Les missions sont rarement originales mais ont le mérite d’être là et d’être un bon prétexte à la course. Au gamer de progresser dans la hiérarchie des 5|10, d’étendre l’influence du Crew, se venger une bonne fois pour toute et mettre un point final à cette histoire.

En réponse

Ma question de base était : Qu’y a t’il à côté de ce fameuse carte ?

Une grande carte et… c’est à peu près tout

Et bien pas grand chose en fait. Je vais dire qu’il y a un pitch assez sympa, un système de personnalisation des véhicules intéressant, des sensations de conduite à peine correctes et sans nul doute moyen de s’amuser avec des potes durant quelques soirées hivernales. Pour le reste ce n’est que déceptions de mon côté. Il est vrai que j’attendais beaucoup de The Crew, peut être même trop au vu des promesses faites les derniers mois par Ubisoft et j’en tiens bien compte dans ma critique, mais je ne peux malheureusement pas passer outre ces nombreux soucis techniques, son manque de finesse en terme de graphismes, son contenu pauvre en véhicules, son orientation « micro-transactions + DLC » qui m’exaspère au plus haut point (il existe deux types de monnaies : les Bucks, la monnaie principale du jeu que l’on gagne à chaque course et les Crew Credits qui s’achètent contre de l’argent réel et qui permettent de s’acheter quand on veut une super caisse) et ses nombreuses autres carences. Clairement, The Crew n’est pas arrivé à se distinguer de ses concurrents comme je l’espérais et même cette colossale map n’arrivera pas à en faire un jeu inoubliable.

Au final, The Crew est un soft certes amusant quelques heures et à certaines conditions, un jeu qui propose des courses 100% arcade assez fun entre amis, mais il n’en reste pas moins un titre qui n’apporte jamais une expérience nouvelle, prenante ou particulièrement intense. The Crew c’est plutôt un jeu sans réelle saveur, bien loin de ce qu’on nous avait laissé croire dans les innombrables trailers. J’en suis le premier à pleurer.

NOTE FINALE : 14/20

 

 

On aime :

  • - Ce gigantesque Open-World US, vivant et varié
  • - Le tuning et les "specs" des véhicules
  • - La bande son en général (radio-bruitages-doublages)
  • - La prise en main accessible et immédiate
  • - Le pitch est assez sympa même si... !
  • - Beaucoup, mais beaucoup de défis et de choses à faire
  • - Assez fun à jouer tant seul qu'entre potes

On aime moins :

  • - Textures inégales au vu de l'immensité de la map
  • - La conduite un poil trop arcade et manquant de finesse
  • - Beaucoup de défis, mais tournant toujours autour des mêmes concepts
  • - Le comportement des flics particulièrement étrange
  • - Une connexion internet est obligatoire pour jouer !
  • - Pas suffisamment de voitures à mon goût de base
  • - Ne manque pas de faire appel à la carte de crédit du joueur

Fiche de jeu

Titre: The Crew Développeur(s): Ubisoft Reflections/Ivory Tower Editeurs: Ubisoft Entertainment Genre(s): Driving/Racing Date de sortie: 02/12/2014 Plateformes: X360 XBGS PC XONE PS4 PEGI: 12+
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par Laurent Laurent, il y a 4 ans et 10 mois. This post has been viewed 1935 times

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