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C’était mieux avant : La série Ultima

(ndlr.: Quand ultime rime avec intrusion intime.)

The Dude le 29 décembre 2014

Pour fêter la sortir en Early Access de Shroud of the Avatar, je vous propose de faire une petite rétrospective de la série de jeux qui a inspiré son génie fondateur d’utiliser la puissance du crowdfunding et nous sortir une mouture actualisée au goût du jour de ce qui représente une des plus longues (ndlr.: … tout comme cette phrase) séries de jeux  de rôle sur ordinateur, couvrant presque trois décennies : la saga Ultima.

Ah ! Ultima. Tout comme Star Wars bientôt, le monde du jeu vidéo a, lui aussi, son génie visionnaire, sa triple trilogie, et ses produits dérivés. Et tout comme dans Star Wars, il y a à boire et à manger. Mais … par où commencer ?

C’est en 1979 qu’un jeune étudiant du nom de Richard Garriott, découvrant la magie de la programmation et fan de jeux de rôle sur papier, se lance dans la création  d’Akalabeth : World of Doom. Quoique très sommaire, ce titre alors très inspiré par Donjons & Dragons, programmé en BASIC et à l’histoire parfaitement générique (il faut comme toujours sauver le monde) permettait à un joueur (sur Apple II ou encore, mainframe) de parcourir un monde fantastique sur une carte en vue du dessus, et d’explorer des donjons en vue à la première personne.

L’ascension

Le titre, qui depuis lors est considéré comme préquel à la série principale et à la fois une oeuvre séminale du jeu de rôle sur ordinateur, n’était alors qu’un succès assez mitigé car d’une certaine manière publié par Garriott lui-même. Il n’y avait pas vraiment d’histoire mais les fondements de l’univers que Garriott envisageait s’y trouvaient déjà. L’aventure véritable commença. Et comme les neufs titres de la série principale ont un contenu tellement riche, les résumer ici leur feraient injustice, même si nous allons tout de même tenter l’exercice.

La série Ultima se décline en trois grands chapitres, chacun représenté par trois jeux. Ainsi, les Ultima 1-3 forment l’Age des Ténèbres. Le joueur, notre héros, est appelé à trois reprises par Lord British. Il devra défier trois êtres maléfiques : Mondain le sorcier, Minax, sa compagne en quête de venger son maître, et finalement Exodus, une créature mi-homme mi-machine, engéance maléfique de Mondain et de Minax. Le moteur de jeu reprend les bases d’Akalabeth, vue du dessus pour les déplacements sur le continent, vue à la première personne pour les donjons.

… la succion

Ultima VI

Si jusque là, les trois premiers jeux suivaient la trame du héros sauveur de l’univers, Ultima IV, premier chapitre de l’Age de l’Illumination, marqua un changement drastique dans la mission. Sous-titré « La Quête de l’Avatar« , Lord British appelle à la recherche d’un héros qui doit fédérer les peuplades de Sosaria, maintenant appelée Brittania, après les événements traumatisants des trois premiers volets. Bien sur, le joueur sera cet Avatar et aura pour objectif de trouver l’Illumination en empruntant le chemin des vertus et des principes premiers qui sont l’Amour, le Courage et la Vérité – un véritable voyage initiatique en somme. Ultima V verra l’émergence de la corruption de ces principes et vertus par le biais des Shadowlords, et Ultima VI, le rétablissement de ces valeurs à travers un récit où l’on voit l’Avatar réconcilier les humains avec une race jusque la reconnue comme démoniaque : les Gargoyles. L’Age de l’Illumination sera vraiment le chapitre où notre héros deviendra le leader spirituel de Brittania, une icône à suivre.

Ultima VIII

Finalement, nous arrivons à l’Age de l’Armageddon. Un être maléfique, le Gardien, va envahir Sosaria et vouloir défaire tout ce que l’Avatar avait jusqu’alors accompli. Le Gardien, c’est en fait l’antithèse totale de l’Avatar, une sorte de forme tangible de son coté maléfique.  Ultima VII fut le JdR ordinateur le plus accompli de sa génération. Déjà techniquement, c’était à des années lumière des graphismes sommaires des premiers jeux, et c’était l’oeuvre séminale qui introduisait plein de concepts que certains JdR actuels suivent encore. Gestion de groupe, Inventaire complexe et « Paperdoll », Cycles nocturnes et diurnes, etc. Chaque personnage non-joueur a son agenda et vaque à ses occupations pendant la journée. Je me souviens qu’il fallait un ordi surpuissant pour y jouer : au minimum un x386. Le jeu lui-même était si grand qu’il fallait le scinder en deux parties : The Black Gate et Serpent Isle. D’ailleurs, tous les jeux Origin (ndlr.: EA ?) poussaient à l’époque les capacités de nos ordis et posaient de vrais challenges rien que pour les faire tourner, à cause d’un système d’affectation de la mémoire particulier qui pressait vraiment le moindre byte hors de nos ridicules 512 kb de mémoire. A la fin, ayant déjoué les plans du Gardien pour conquérir Brittania, il enlève l’Avatar et le dépose dans un nouveau monde où personne ne connait l’Avatar : Pagan dans Ultima VIII. De nouveau, Garriott nous offre un nouveau moteur en 3D isométrique, et le jeu devient plus orienté action avec des petits passages de platforming très irritants.

… et la chute ?

Ultima IX : Ascension

Malheureusement, c’est là que la série commence à décliner. On commence à rentrer dans l’ère ou l’éditeur dicte les dates de sortie pour faire les meilleures marges. Ultima VIII ainsi que son successeur, Ultima IX : Ascension, furent rushés pour sortir à temps, les rendant (à leur sortie) injouables, et même des années après, finalement boudés par pas mal de fans. Pourtant, une fois de plus Garriott avait voulu innover : nouveau moteur graphique pour Ultima VIII, et carrément le passage à un monde en full 3D pour Ultima IX. Mais le mal était fait. Les jeux mal finis, une bien triste fin pour une série qui a donné ses lettres de noblesse au genre. Surtout Ultima IX, car même si l’histoire reste fidèle aux canons, on avait plus l’impression de se retrouver dans un reboot qu’autre chose. Après le monde minutieusement détaillé d’Ultima VII, on voyait que Origin avait tout misé sur l’aspect graphique et pas assez sur les détails qui font le plaisir de la série.

Ultima Online

Parallèlement à la série principale, Ultima se déclina aussi en deux sous-séries : les Worlds of Ultima, menant notre héros dans un monde préhistorique peuplé de dinosaures d’un coté et sur Mars dans un univers Steampunk de l’autre coté, et bien sur les Ultima Underworld, premiers JdR en 3D, un an avant la sortie de Doom ! Sans oublier Ultima Online, qui  fut un des premiers MMO jamais crées, et qui est toujours actif, 15 années après sa sortie.

Bref, toute une saga, qui, même si elle a mal vieillie, constitue une des pierres fondatrice du genre sur ordi. Si je peux pas trop vous conseiller d’y jouer dans son intégralité (car on parle ici de véritables gouffres de temps) essayez au moins Ultima VII. Même si ca pique aux yeux, l’histoire est épique et tout fan de JdR sur ordi se doit de l’avoir joué au moins une fois.

Choucroute au lard

Shroud of the Avatar

Retour au présent, Richard Garriott lance via le crowdfunding Shroud of the Avatar, qui est en sorte un melting-pot entre tous les concepts que la série Ultima a pu introduire. Shroud of the Avatar propose une aventure qui peut être jouée en solo ou en multijoueur; il faudra communiquer avec les NPC soit via commandes tapées ou alors en cliquant sur des mots-clefs. Contrairement aux MMO classiques, il n’y a pas de grands points d’interrogations au-dessus des NPC qui vous donnent les quêtes : il faut dialoguer avec eux, et votre journal se rempliera avec des notes. Parallèlement, on retrouve un système de crafting assez conséquent. De fait, on peut tout à fait laisser de coté les quêtes et juste « vivre » sa vie virtuelle. Bref, un Skyrim online (vous voyez? le jeu Elder Scrolls Online qu’on a pas vraiment eu…), le tout dans l’univers d’Ultima. Toujours en phase alpha, le jeu s’annonce extrêmement ambitieux, il y a encore beaucoup à faire mais tous les mécanismes de base y sont. Et en tant que grand fan de la série, si les promesses sont tenues par Garriott et Cie, ça me fera un nouveau rêve de réalisé !

Fiche de jeu

Titre: Shroud of the Avatar: Forsaken Virtues Développeur(s): Portalarium Editeurs: Genre(s): Role-Playing Date de sortie: 24/11/2014 Plateformes: MAC PC LIN
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