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Avant, c’était mieux…? Aujourd’hui : Syndicate

Enfoirés de socialistes !

The Dude le 6 août 2015

Le 28 Août prochain, Satellite Reign, production indé et successeur spirituel des jeux Syndicate et Syndicate Wars, sortira du Early Access. Timing idéal pour revenir sur cette saga qui fut le bonheur des fans de jeux action/stratégie à thématique Cyberpunk dans les années 90.

Fin des années 80 et début des années 90, le studio Bullfrog donnait alors naissance à quelques-uns des jeux les plus mythiques de l’époque. Parmi eux on retrouve Populous, Powermonger, Flood, Dungeon Keeper et j’en passe. Il s’agissait à l’époque d’un des rares studios à avoir sorti des hits pour l’ancienne génération d’ordis comme l’Amiga et l’Atari ST et pour le PC (alors déjà considéré comme la plateforme « next-gen »), Bullfrog a souvent été cité comme l’inventeur des « god games » et d’avoir poussé nos bécanes à leurs limites technologiques avec des moteurs graphiques novateurs, tout en s’appropriant de genres bien connus et d’y apposer la « Bullfrog Touch ».

Syndicate dans toute sa splendeur.

C’est en 1993 que Bullfrog s’est mis en tête de nous proposer sa version du jeu de stratégie tactique en temps réel : Syndicate. On y incarne un groupe de 4 agents lachés dans un monde cyberpunk dystopique, afin d’accomplir des missions variées comme assassinat, enlèvement, sabotage et espionnage industriel. Graphiquement très sommaire, on guide le groupe (ou les individus) sur une carte en vue isométrique. Chaque mission réussie apportera argent et matos à votre Syndicat, pour faire évoluer vos agents à grands coups de modifications cybernétiques. But ultime : faire de votre Syndicat les maitres économiques du monde. Eh oui, dans un univers très inspiré de Blade Runner, ou les corporations et multinationales ont pris le rôle de gouvernements, la monnaie est roi.

Niveau gameplay, même si on avait affaire à des missions très fermées, la façon d’aborder les missions laissait pas mal d’ouverture au joueur, particulièrement après quelques missions réussies. En effet, on pouvait p.ex choisir d’éliminer sa cible en gros bourrin, équiper ses agents avec des canons Gatling et sans discrimination flinguer tout ce qui passait dans le collimateur. Mais on pouvait aussi se la jouer sournois, s’équiper de silencieux, ou mieux encore, utiliser le fameux « Persuadertron » pour laver le cerveau de quelques civils et les utiliser comme chair à canon pour arriver à ses fins.

Bigger, badder, beautiful-er

Syndicate Wars … ou Syndicate Simulator.

Trois ans plus tard, et riches de leur expérience prise sur les moteurs graphiques 3D, Bullfrog sorta Syndicate Wars. Le Syndicat de la première itération du titre était maintenant en contrôle total de l’économie mondiale, grâce a une bio-puce implantée à la population entière du globe. Mais aussi en pleine guerre avec un culte fondamentaliste, L’Eglise de la Nouvelle Epoque, qui prone le retour à des valeurs plus humaines, mais tout aussi insidieuses. Contrôle économique ou contrôle religieux, le joueur pouvait d’emblée choisir pour quel camp il prendrait parti. Le gameplay restait en principe le même, mais tout le jeu était maintenant en vue isométrique 3D, moteur de jeu qui sera utilisé un an plus tard dans le non moins fameux Dungeon Keeper, et qui permettait de découvrir l’univers de tous les angles de vue. Bien sur, le choix (ou l’absence) d’armes, de modifications cybernétiques restait le même, et il faut dire que le jeu gagnait en nervosité vis-à-vis du grand-frère. Sans doute que la possibilité de tout faire exploser sur son passage et de faire un carnage en technicolor avec moultes explosions de pavés de maison rendait le jeu plus orienté action. Mention spéciale pour la musique, très inspirée des orchestrations que Vangelis avait crée pour Blade Runner.

Le reboot de la honte

EA fout ses doigts où il veut, quand il veut et comme il veut.

Puis, pendant plus d’une décennie, plus rien. Bullfrog ayant mis les clefs sous la porte et Peter Molyneux ayant commencé à devenir mythomane professionnel (on y reviendra une autre fois), on attendait avec impatience un Syndicate 3. Hélas, ce n’est qu’en 2012 qu’Electronic Arts eut la bonne (ou mauvaise, c’est selon) idée de réaliser un reboot de la série, mais cette fois, à la sauce FPS. Mouais … On incarne donc un agent d’une des Mega-Corporations, lancé dans une série de missions-couloir de tir au pigeons à la sauce Call of Duty. Exit les armes exotiques et dévastatrices et les augmentations cybernétiques. La seule rémanence du produit original (mis à part le titre) était la faculté de pouvoir pirater les bio-puces de vos adversaires pour qu’ils s’allient à vous temporairement, faire sauter leurs munitions ou carrément se suicider. Bon, le jeu restait un shoot FPS honnête (meme si graphiquement, il abusait des effets de « lens-flare » et d’autres aberrations chromatiques à rappeler vos soirées Champi/LSD). Mais ce fut indéniablement un effort insuffisant pour les fans de la série. D’ailleurs, à la même époque, X-Com s’essayait au même exercice. Une autre série mythique du jeu de stratégie au tour par tour, déclinée en shoot tactique dans The Bureau

Merci les Indés, merci les successeurs spirituels et merci Kickstarter !

Satellite Reign aura fort à faire pour effacer toutes traces du grand-frère FPS.

Fort heureusement, on peut toujours faire confiance aux fans qui, à force de Kickstarters bien réussis, font avancer le Schmilblick. C’est ainsi qu’en 2013, 5 Lives Studios annonce qu’ils sont en train de créer un successeur spirituel de Syndicate Wars, nommé Satellite Reign. Au programme : un monde vraiment ouvert cette fois-ci (disons plutot une ville tentaculaire divisée en plusieurs districts), vue 3D isométrique (certes moins maniable que celle de Syndicate Wars, mais c’est un parti pris : ici, la perspective tournoie et se balade doucement, comme si on observait la scène de loin, comme d’un drone de surveillance). De nouveau, on dirige 4 agents, mais cette fois-ci, on a droit à 4 classes : soldat, support, hacker et sniper. Bien sur, on peut toujours se la jouer en bourrin si on veut (quoique, les ennemis deviennent rapidement très coriaces) mais on sent que l’intérêt est plus porté sur l’infiltration et l’emploi stratégique de la technologie et des compétences des différentes classes. Graphiquement, on est vraiment dans une ville dantesque très Los Angeles de Blade Runner, les musiques reprennent une fois de plus des sonorités empruntés du même film, et une fois de plus, les missions sont des assassinats, cambriolages et autres sabotages industriels divers. L’arsenal et les implants cybernétiques sont aussi de nouveau de la partie, et on pourra même cloner ses agents pour les ré-insérer au front le plus vite possible.

5 Lives studios semble avoir, de fait, bien gardé l’esprit de Syndicate, tout en y insufflant un peu de renouveau, surtout grâce à ce gameplay plus réfléchi, basé essentiellement sur l’infiltration. Et vu le travail effectué sur l’Early Access de décembre 2014, on pourrait presque vous assurer de la bonne tournure des évènements. Verdict le 28 août 2015.

 

 

Fiche de jeu

Titre: Satellite Reign Développeur(s): 5 Lives Studios Editeurs: 5 Lives Studios Genre(s): Role-Playing/Real-Time Strategy Date de sortie: Plateformes: MAC PC LIN
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par The Dude The Dude, il y a 2 ans et 1 mois. This post has been viewed 4919 times

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