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C’était mieux avant : Stellaris et les autres

Et d’autres titres biens en d’dans !

The Dude le 3 août 2016

Espace. Frontières de l’infini. Explorez les confins intergalactiques au-delà de la Porte de Tannhäuser. Exploitez les ressources intersidérales et découvrez des cultures extraterrestres riches, scientifiquement avancés et pleins de sagesse… avant de les exterminer par bombardement orbital et les renvoyer à l’âge de pierre. En l’honneur de la sortie de Stellaris, je vous présente une petite théma sur les jeux stratégiques 4x catégorie science-fiction !

Mais que signifie donc cette fameuse abréviation 4X ? En anglais, le genre se résume en quatre mots : eXplore, eXpand, eXploit et eXterminate. Les quatre piliers bien connus de la plupart des jeux de stratégie tour par tour ou en temps réel. Indépendamment du scénario (historique, fantastique ou science-fiction), le joueur prend les rennes d’une faction ou d’une civilisation et doit arriver à la domination totale, que ce soit par voie diplomatique ou belliqueuse. En général, on commence par une seule ville, planète ou territoire, et il faut explorer les environs dans un premier temps. Par la suite, on commence à faire prospérer sa civilisation sur le plan économique (expand) tout en gérant les ressources qui sont à notre disposition (exploit). Et, parfois, dans la majeur partie des cas, il faut combattre des factions ennemies (exterminate).

Si le genre peut s’adapter à plein de scénarios, il faut avouer que les 4x historiques ont été les plus prisés et ont donné naissance aux fleurons du genre, j’ai nommé la série Civilisation (tour par tour) et Age of Empires (temps réel). Mais nous allons nous concentrer ici sur les scénarios plus orientés science-fiction. Inutile de dire que le sous-genre, étant très prolifique, nous empêche de donner une liste exhaustive de jeux. Nous allons ici faire un survol rapide du genre et mettre en évidence les jeux phares.

Un peu d’histoire

Si on peut retracer l’histoire des 4x d’espace jusqu’au début des années 80, le tout premier jeu qui vit le tag « 4x » greffé à son nom était le légendaire Master of Orion, sorti en 1993 sur PC et édité par Microprose. On y incarne le leader d’une civilisation qui vient de maitriser le voyage intersidéral et se prépare à la conquête spatiale. En partant de la planète-mère, et équipés de deux vaisseaux éclaireurs et d’un unique vaisseau de colonisation, le joueur doit étendre sa sphère d’influence, découvrir de nouveaux systèmes solaires, les conquérir et augmenter ainsi ses ressources, afin de faire prospérer sa civilisation, tout en gérant les interactions avec les autres civilisations aliennes, par le biais de la diplomatie… ou de guerre des étoiles, si la diplomatie échoue.

Master of Orion eut une suite en 1996, qui est jusqu’a nos jours considérée l’oeuvre séminale du genre. Parce que Master of Orion 2 approfondissait alors tous les mécanismes déjà bien rodés de la saga. Il faut néanmoins aussi mentionner qu’il y a eu un Master of Orion 3 qui fut extrêmement décevant car buggé et mal fini à sa sortie. On nous a promis un remake qui devrait sortir l’année prochaine et qui est disponible en Early Access pour le moment.

Empereur de Byzance ?

Dans un autre registre, en 1997 sorta le premier Imperium Galactica. La formule 4x était bien respectée, mais le jeu se démarqua par l’implémentation d’une partie stratégie en temps réel au niveau gestion des ressources et des combats, un peu façon Starcraft, tout en gardant l’aspect construction de son empire. Car en effet, dans Imperium Galactica, on incarne un personnage bien spécifique et on suit l’évolution de ce personnage en passe de devenir empereur intergalactique dans une épopée scénarisée.

Pour les fans de Star Wars, Lucasarts sorta Rebellion en 1998, qui transpose les éléments du 4x dans le contexte de la saga bien aimée, dans les environs de l’épisode 4. On pouvait choisir soit l’Empire soit l’Alliance Rebelle et utiliser des personnages « héros » comme Luke Skywalker et Darth Vader lors des différents combats.

Sidi Mustafa ?

C’est en 1999 que Sid Meier, le « père » du 4X sur ordi, lança Alpha Centauri, qui transporta le 4X classique façon Civilization dans l’espace. Légèrement moins large que les 4X spatiaux classiques car localisé sur une unique planète, Alpha Centauri mettait un très fort accent sur les interactions diplomatiques des différentes factions de colons de la planète Chiron.

alpha-centauri

Alpha Centauri … à l’époque, on savait rire.

En  2003, Stardock lança la série des Galactic Civilizations, qui ajouta une certaine prise d’humour et de Space Opera au genre. Races aliennes déjantées, constructeur de vaisseaux totalement Flash Gordonesques, couleurs guimauve et gaudriole, Galactic Civilizations était un peu le volet « léger » des 4X, même si en son coeur, l’aspect stratégique restait extrêmement  important et les possibilités de gameplay très vastes.

Sins of a Solar Empire sortit en 2008, et bien qu’il fut un 4X classique, il se démarqua par le fait d’être tout à fait en temps réel, chose très importante surtout pour les batailles, qui s’apparentaient à un gameplay de STR classique, un peu à la sauce Homeworld light. Sins of a Solar Empire est aussi plutôt axé multiplay, et, dans sa première itération, n’avait pas du tout de campagne solo.

Mention spéciale pour Distant Worlds, sorti après de longues années de développement par un studio minuscule (1 personne) en 2010. Véritable lettre d’amour et ouvrage de fan du genre, Distant Worlds, malgré ses graphismes tendance pixelart, tourne lui aussi en temps réel, et surprend par les quasi incalculables actions qui peuvent se passer en simultané. En effet, ce jeu est tellement complexe qu’il faut se servir copieusement de scripts d’automatisation des processus pour faire tourner son empire galactique.

Endless Space, sorti en 2012 et développé par Amplitude, une boite de dev parisienne, qui reprenait le meilleur des mondes possibles, et en proposant un 4X next-gen au gameplay solide et graphismes léchés. Il faut savoir qu’Amplitude s’est un peu spécialisé dans la perfection du genre, car par après, ils ont remis le paquet en sortant Endless Legend, un 4X mais cette fois-ci dans un univers fantastique avec de gros morceaux de Heroes of Might and Magic dedans, en ce qui concerne les combats.

Vous avez dit … Stellaris ?!

Ce qui nous amène finalement à Stellaris, qui est la première avancée dans le domaine de l’exploration spatiale de Paradox Interactive. Paradox nous avait habitué aux jeux de stratégie dans un contexte historique, comme la série Europa Universalis, Crusader Kings, ou encore Hearts of Iron. Il faut retenir de cela qu’à la base, leurs jeux sont des jeux de stratégie de guerre : pas ou très peu de tactique lors des combats, on déplace juste les unités et pour le reste du jeu, il faut faire marcher les enjeux stratégiques et diplomatiques avec les factions ennemies, organiser des alliances, dans un cadre très large, à l’échelle de pays ou de royaumes.

Stellaris, au départ, se joue comme un 4X classique : on explore, on exploite, on colonise, on fait la guerre et la paix. Mais au bout d’un moment, votre civilisation devient si importante (pour autant que vous y arriviez, la concurrence peut parfois être surprenante d’agressivité), le jeu bascule dans le « grand strategy »… la colonisation et la guerre ne suffisent plus pour gagner; il faut obligatoirement faire jouer la diplomatie au niveau galactique pour continuer d’avancer dans le jeu. Ajoutez à ceci que vos colonies peuvent se rebeller, que vos leaders vont vieillir et mourir, ce qui peut déclencher des guerres de successions dignes des intrigues de la guerre des Roses… Element aussi très important, chaque faction commence avec des règles d’éthique, et si par exemple, votre faction est de nature libérale, votre population ne va pas trop bien accepter que l’on fasse usage de l’esclavagisme comme ressource humaine. Comme une partie peut s’étendre sur des siècles en temps in-game, il est aussi très fréquent que des actions faites sans trop réfléchir peuvent venir se retourner contre vous en endgame, genre, la colonie de robots qu’on avait oublié sur une planète devient intelligente et consciente et veut éradiquer toute vie biologique… Pareillement, un mauvais choix de successeur dans vos leaders scientifiques, gouverneurs de colonie et de l’empereur lui-même peut vous jouer de mauvais tours. Votre avancée scientifique peut être ralentie; des colonies peuvent se rebeller contre vous, demander l’indépendance ou carrément vous déclarer la guerre… Stellaris, dans la moitié de partie se transforme ainsi en gestionnaire d’empire galactique.

Mais concrètement, Stellaris innove peu et ne prend pas beaucoup de risques. C’est un jeu 4X honnête qui se démarque qu’en milieu de partie et pour l’endgame des autres jeux de conquête de l’espace. Graphiquement, il ne fait pas le poids face à un Endless Space, et les parties peuvent être très longues, comme cela est toujours le cas dans les jeux de grand strategy. Et c’est la qu’est tout le paradoxe : Stellaris se veut accessible, et il l’est, mais une fois qu’il bascule dans sa partie purement stratégique, cela devient limite ennuyant pour le joueur casu… qui de toute façon aura sans doute du mal à arriver à ce stade, car aussi accessible soit-il, si on reste casu, on se fait vite bouffer par une des multitudes d’autres factions. Car Stellaris reste à la base un jeu de stratégie plutôt rude sous ses airs de 4x classique. Grâce aux différentes possibilités offertes niveau de customisation, vous pouvez cependant créer un empire tout à fait à votre guise (genre des neo-libéraux colonisateurs oligarchiques ou encore des Vikings de l’espace) et dans ce sens, il y a un élément de jeu de role qui peut se greffer en gameplay émergent, pour peu que vous « jouiez au jeu » façon RPG… En ce qui me concerne, après avoir joué avec les Terrans classique, je m’étais fait une race de mollusques de l’espace totalement avides de profit commercial, théocrates et archi-xénophobes (bref, ils tirent sur tout ce qui bouge sans poser de questions vu que la seule forme de vie possible c’est la leur et tout le reste c’est des abominations), et je dois avouer que ce fut une expérience mémorable, à contresens de tout ce que je fais d’habitude dans un 4X.

Perso, étant averti à l’avance, j’ai plutôt apprécié le jeu dans son ensemble, surtout dans la phase purement 4x… n’étant pas un fan des jeux stratégiques purs, j’ai eu un peu plus de mal une fois cette phase terminée. Surtout lorsqu’on se trouve dans la diplomatie à l’échelle galactique. Bref, un titre tout ce qu’il y a de plus honnête mais vu son « bi-classement », difficile à conseiller les yeux fermés, sauf aux fans de 4X et grande stratégie. Pour les autres, le réveil pourrait s’avérer compliqué.

 

 

 

 

On aime :

  • 4X et grande stratégie
  • grand nombre de customisations de votre Empire
  • facile d'accès...

On aime moins :

  • ...facile d'accès mais pas vraiment
  • bascule d'un genre vers un autre en mid-game

Fiche de jeu

Titre: Stellaris Développeur(s): Paradox Development Studio Editeurs: Paradox Interactive AB Genre(s): Strategy Date de sortie: 09/05/2016 Plateformes: MAC PC LIN
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par The Dude The Dude, il y a 1 an et 4 mois. This post has been viewed 805 times

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