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[TEST] Kingdom Come : Deliverance

« Ô gourgandine ! Viendras-tu faire un tour dans ma carriole ? »

The Dude le 4 juin 2018

Lorqu’en 2016, Deep Silver nous annonce le développement de Kingdom Come : Deliverance, et nous le vante comme cette grande épopée médiévale en monde ouvert, on a tout de suite pensé à une chose : Elder Scrolls dans un setting médiéviste, genre Witcher 3 sans mobs. Finalement ? Après un développement un tantinet houleux (comme souvent pour les jeux issus de « petits » studios allemands) Kingdom Come : Deliverance est finalement sorti en Février dernier, non sans son lot de bugs et autres erreurs de jeunesse. L’accueil initial, en comparaison à des titres de la trempe d’un Skyrim, était un peu glacial. Moi-même, d’ordinaire plutôt optimiste, entre les commentaires sur la toile et les playthrough désastreux sur Youtube révélant des horreurs telles qu’on en avait plus vu depuis le lancement de Assassin’s Creed Unity, je ne me suis pas pressé. Pourtant… pourtant…

Un peu d’histoire …

Kingdom Come : Deliverance vous propulse littéralement dans les guenilles de Henry de Skalitz, fils de forgeron d’un petit patelin à flanc de château de la Bohème, aux environs du tournant du XVe siècle. Ce bon Henry est un parfait quidam, un brin paresseux, qui passe ses journées à dormir, faire des conneries avec ses potes (qui sont toutes des lumières : ils s’amusent par exemple à redécorer les façades des cottages avec du fumier…); faire la cour à la belle fille de l’aubergiste ou encore faire semblant d’aider son père, un maître d’armes au passé trouble et actuellement forgeron sous-exploité de la bourgade. Bref vous l’aurez compris : Henry est l’exemple type de patate, un millenial avant l’heure, un peu hipster sur les bords s’il avait eu une autre coiffure ou vécu au XXIème siècle !

Mais très rapidement, c’est toute la vie de Henry qui va se retrouver chamboulée. Sans rentrer dans le détail (le jeu se démène merveilleusement bien pour planter le décor et tout remettre en contexte), le village de Skalitz va être rasé par une armée impitoyable sous le commandement du vil usurpateur Sigismund. Henry y perd quasiment tout et s’en sort par miracle. Enfourchant un cheval à l’abandon, poursuivi par des mercenaires Cumans, il arrivera in extremis à atteindre le village-forteresse voisine, où le seigneur local le prendra sous sa tutelle.

Le tutoriel qui se prenait pour un JdR

Commencera alors la longue éducation d’Henry ainsi que sa quête de vengeance : retrouver le mercenaire qui s’est acharné sur ses proches, et qui a volé une épée que feu son père avait forgé avant l’attaque et qui était alors destinée à son nouveau tuteur, le Messire Razdig.

Kingdom Come : Deliverance démarre avec une suite de missions qui paraissent extrêmement linéaires mais qui servent en fait de tutoriel plutôt exhaustif – et très long. Il faudra en effet compter plusieurs heures – oui, heures – de jeu solide où, à travers ces premières missions, on vous explique la vie du petit bouseux moyenâgeux et les différentes facettes du gameplay que vous allez rencontrer : monter à cheval, combat à mains nues et avec des armes, furtivité, règles, us et coutumes de la vie au XIe siècle… Ces quelques premières heures vont sembler bien restrictives car on se sent vraiment guidé d’un point A à un point B, sans vraiment avoir la possibilité de vous écarter du chemin indiqué, quitte à très vite se retrouvé paumé. Prendre son mal en patience il faudra. Car c’est une fois ce tutoriel terminé que Kingdom Come : Deliverance se dévoile être le jeu de rôle à la première personne dont tous parlent. Certes, il y a toujours la grande quête principale (venger son père et retrouver cette foutue épée), mais à cette quête vont très rapidement venir se greffer toute une ribambelle de quêtes secondaires et tertiaires ainsi que des « occupations » (genre, faire de la chasse). Toutes ces sous-quêtes pourront être tentées à n’importe quel moment, sans réelle incidence sur la quête principale.

Et tout comme dans la série des Elder Scrolls, Deep Silver a décidé d’utiliser en de grandes lignes les mécaniques d’évolution d’Henry : plus on utilise une compétence, plus on devient bon. Et si c’est de trop longue haleine pour vous, on peut faire appel à des entraîneurs qui, moyennant quelques Groschen (la monnaie locale), vous aideront à progresser plus rapidement. Certaines compétences requièrent d’ailleurs le coup de pouce d’un entraîneur.

Prenons, par exemple, les combats à l’arme blanche, pour lesquels il y a des sous-compétences différentes : hache, épée, pic, fléau… Selon vos goûts, vous pourrez monter ces compétences à travers le combat, mais sachez qu’au début, vous êtes un novice total. Et les premiers combats (qui seront heureusement contre votre maître d’armes) seront très difficiles car le système de combat, très tactique, est extrêmement complexe. S’il est au début possible de faire du clique-et-prie-que-ça-marche, plus tard dans le jeu, vos adversaires, en armures et boucliers, seront impossibles à terrasser sans avoir assimilé les subtilités du combat, et sans avoir monté les compétences relatives et leurs traits particuliers. Car en effet, à des paliers, ces compétences, comme toutes les compétences d’ailleurs, vont automatiquement vous donner accès à des traits spéciaux. Ainsi, dans le combat à l’épée, vous pouvez débloquer un trait spécial qui vous permettra d’assommer un adversaire avec le pommeau de votre épée et de l’étourdir, vous conférant un avantage temporaire.

A ce niveau-là, tout l’aspect jeu de rôle est merveilleusement souple, et vous pouvez faire d’Henry soit un chevalier en armure, un tank en somme avec une grosse massue et développer sa force; alternativement il pourra être un archer agile adepte des attaques furtives ou encore un beau-parleur qui pourra éviter le combat à la force de sa belle rhétorique (ndlr.: Un peu un slameur doux quoi).

Collection été-automne du chic en guenilles

Justement, au niveau des interactions avec les PNJs et figures importantes du jeu, vous allez avoir du mal à convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit, car votre dégaine ainsi que votre éloquence fera que, par exemple, aucun noble ne daignera vous accorder le moindre crédit. Mais au fur et à mesure, votre éloquence, les conséquences de vos actions (dont les gens vont entendre parler, souvenez-vous de Fable) et votre accoutrement vont venir faire pencher la balance en votre faveur. Par exemple, rien ne sert de tenter de séduire l’objet de votre désir si vous ne vous êtes plus lavé depuis une semaine, que vos guenilles puent le sang séché et que vous traînez une réputation de voleur/mendiant/assassin de village en village.

La carte de la région, loin des kilomètres carrés d’un Witcher 3 ou d’un Skyrim, est nettement plus petite. On peut la traverser à dos de cheval en une grosse journée. Mais cela permet à l’environnement d’être très détaillé, et on devient vite familier avec les reliefs, les forêts et les coordonnées des villes et différents points de repère. Graphiquement, le jeu se veut réaliste aussi. Loin des couleurs chatoyantes d’un Witcher et des constructions fantaisistes de Skyrim, ici, c’est l’architecture urbaine et rurale du XVe siècle, ré-imaginée et recrée avec un souci du détail assez époustouflant. Et nos amis médiévistes vont apprécier la représentations des battisses, outils et accoutrements. Notez que les réglages graphiques sont assez bizarroïdes, et que le titre ne vous fera pas plaisir visuellement si vous ne mettez pas tout à fond.

« C’est pas un bug, c’est une innovation de gameplay ! »

Ce qui nous amène à la problématique des bugs et autres soucis du jeu. A sa sortie, faut être honnête, le jeu était bourré de bugs d’affichage et de scénarisation. Des missions entières ne se terminaient pas. Couplez à cela le fait qu’on ne sache pas sauvegarder n’importe où et n’importe quand (en fait, le jeu sauvegarde seulement si vous dormez dans un de vos lits ou à l’auberges et si vous utilisez une fiole de « Savour Schnapps », une liqueur que l’on peut acheter dans les auberges mais qui coûte bonbon). Bref, de quoi décevoir sans étonnement une grande majorité de l’auditoire. Fort heureusement, le studio de développement a réagi assez rapidement, et avec l’aide de la communauté, la plupart des bugs ont été résolu ou encore réduit. Reste que le jeu peut-être assez laid sur des configs un peu limites. Et sur une bécane de course, on assiste encore aujourd’hui à du texture-pop-in quand on démarre une partie ou lorsque l’on sort d’un fast-travel.

Bref, pour finir je dirais que Kingdom Come : Deliverance ne plaira certainement pas à tout le monde. Les mécaniques sont assez confuses de prime abord, les graphismes et la difficulté pourront en rebouter plus d’un. Dommage que le monde ouvert n’est disponible qu’après plusieurs heures d’un tutoriel ultra linéaire.

Kingdom Come : Deliverance ? Un jeu pour les connaisseurs et les aficionados du moyen-age, qui veulent autres choses que des magiciens, trolls et dragons en toile de fond.

On aime :

  • Simulateur/Open-World Médiéval
  • Du bon jeu de "rôle" de puriste

On aime moins :

  • Les bugs encore trop nombreux
  • Graphiquement un peu vieux
  • Difficile à prendre en main

Fiche de jeu

Titre: Kingdom Come: Deliverance Développeur(s): Warhorse studios Editeurs: Deep Silver Genre(s): Action/Role-Playing Date de sortie: 13/02/2018 Plateformes: MAC PC XONE PS4 LIN ESRB: M
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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par The Dude The Dude, il y a 2 mois et 1 semaine. This post has been viewed 1338 times

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